Épisode 3 : Les tests de Zofia

20h44 yeah, on déboule à Prague! Pour rejoindre l'auberge, comme d'habitude, on emprunte les chemins de traverses. Tellement mieux pour renifler l'ambiance de la ville. Pis Prague, honnêtement, ça déglingue. Le carbone 14 de mes connaissances architecturales m'indique qu'on est entre le vieux et le très vieux, mais c'est pas sans style, pour sure Prague est une belle ville. On rallie notre campement du soir, ben c'est pas la grosse ambiance, faut dire que l'hôtel ressemble à s'y méprendre à celui du film « Hostel » ça rassure.

 

Le lendemain on change de crèmerie, après l'atmosphère d'un couvent bénédictin qui se prépare un road-trip, direction de la techno parade on débarque à l'Art Hole Hostel qu'on espère un peu plus vivant. Comme à l'accoutumée, on arrive tôt, on jette les sacs et nous partons vaguer, sans buts précis.

 

Retour à l'auberge, Chef Flo prépare une tournée de pâte sauté, c'est pas mal, mais, un poil épicé. Deux Uruguayens, Gaston et Léo accostent à notre table. Alors qu'on gnaque notre becquetance, j'entends au loin la douceur d'un accent Québécois qui résonne. J'espère que ce n'est pas encore l'un de ces chanteurs forcés à l'exil, pour aller sévir ailleurs que dans la Belle Province. Bon en fait, ça va, il voyage et ne chante pas, en revanche comme il est là depuis quelques jours, il file gratis du bon plan aux routards en vadrouille. Il nous suggère, une taverne tapie à l'abri des regards, il jure que l'ambiance locale est parfaite pour nettoyer quelques verres. À l'unanimité, on décide que pour ce soir, c'est là-haut qu'on ira laper notre peine.

 

Arrivé au bar, les nouilles sautées font leur effet, une chiasse carabistouille puissance 9 sur l'échelle de Gastro pointe le bout de son nez (remarquez ici le paradoxe, une chiasse n'a pas de bout) de son nez. Saisissez l'ironie qu'une chiasse n'a pas de nez. J'ai les boyaux en 4, Flo fera pas Top Chef et moi, là, tout de suite, je pourrais m'injecter du SMECTA en intraveineuse.

 

Je me prends vingt minutes pour repeindre l'émaille. Ouf, finalement je survis. Commençons notre soirée, on descend quelques bières, Tchèques, Allemands, Belges sont inattaquables sur un point, ils savent préparer la mousse. Nous rencontrons ZOFIA, jeune slovaque résident à Prague, puis dans le même temps faisons la connaissance également d'Ignacio et de son collègue américain dont le nom m'échappe encore à l'heure actuelle.

 

On bavasse sur le voyage, le leur, le nôtre. On parle Asie, quand nos deux comparses dévient le sujet sur asiate. Les deux hommes semblent avertit sur la Thaïlande et tiennent absolument à partager leur conseils. En fait, ils veulent surtout nous parler des putes et des ladyboys.

 

Non, mais non, on y va pas pour ça, on veut voir Bangkok, les îles, les plages, la jungle et Chiang Mai.

 

« Please, listen to me, it's very important » s’esclaffe t'il. Ok, me dit-il, ce que je veux vous dire, c'est méfiance y a des ladyboys en Thaïlande. Le regard pétri de détermination, il me dit que la règle avec les ladyboys c'est que si t'as un doute, ben n’y va pas. Brillante idée, on la note.

 

Zofia, qui n'a pas perdu une miette de cette conversation m'offre quelques conseils imparables, pour ne pas me tromper en cas de doute. Voici ce que je retiens de cette soirée, comme les 3 tests de Zofia.

 

Test numéro 1 : Zofia choppe ma main qu'elle entraîne sur son cou, tu vois ici, me dit elle, nous les filles on pas de pomme d'Adam. Si t'as un doute, passe ta main sur son cou et tu sauras. Brillante idée, je la note.

 

Test numéro 2 : Le test numéro 2 consiste à un examen dermatologique. Je caresse la peau de ses joues. Tu sens cette douceur, ben faut être une femme pour avoir la peau si douce. Fais ce test, en Thaïlande et si tu sens une peu rugueuse, qui pique, qui gratte, c'est peut être pas bon signe. Brillante idée, je la note.

 

Test numéro 3 : -Touch my Boobs.

-What ? T'es sure ?

-Yes, go.

Un peu gêné, mais décomplexé j'arpente avec mollesse, les courbes protubérantes de ma nouvelle amie.

"Tu vois, ça c'est 100% naturelle. En Thaïlande, si tu fais la même chose et que t'as le sentiment de toucher du plastique, c'est faux. C'est peu probable que les Thaïlandaises se fassent refaire les seins. Donc, si ça bouge pas, c'est pas du vraie. Tires toi de là."  Brillante idée, je la note.

 

Le glauque, les bars lugubres des milieux interlopes de Bangkok ne figuraient pas sur notre liste de toute façon. Cependant, la possibilité d'être saoul, fauché, perdu, curieux et en errance n'est pas totalement à exclure. Grâce à cet apprentissage, je suis prêt à braver les dangers.

 

Nous discutons avec Zofia, quand de nulle part surgit un Tchèque aussi bourré qu'une urne de bulletins Vladimir Poutine un soir d'élection russe. Le mec parle pas, il hurle, et tout ça sous une houle de postillons. J'entrave rien à ce qu’il dit, mais bon son phrasé, ses gestes sans équivoques, et le visage de Zofia qui tombe en décrépitude ne laisse planer aucun doute sur les intentions de notre héro. En romantisme, sur l'échelle du Doc Gyneco, on est même pas à zéro c'est dire. Avec une technique pareil, on lèverait même pas une canette.

 

Il est temps de placer mon move called " THE SAVIOR". Je passe ma main dans les cheveux de Zofia, la prend par le cou et explique à notre ami qu'il a perdu, que ce soir le ticket, il est pour moi. Qu'une fois n'est pas coutume je gagne et qu'il doit accepter sa défaite.

 

-" I don't believe you".

 

-"OK, look I kiss her" Zofia aussi surprise qu'heureuse ne décline pas.

 

L'alcool n'étant pas pour lui le meilleur allié à ce moment précis, il commence à parler le tchanglais, ou l'anglovak selon la phrase. L'ami ne semble toujours pas en accord, je réitère : " Look, I kiss her".

 

Il s'en suit une étrange allégorie, que j’appellerai l'allégorie du tchèque bourré.

 

Him: " You should be vigilent, a huge green dragon he's going to attack you outside the door.

 

Me : " I am not scared of dragon."

 

Him : "Yes but there's a trapped under the dragon."

 

Me :" You know life will bring me what it's supposed to and I am not scared of that." ce qui veut dire " la vie m'apportera ce qu'elle doit m'apporter et que je n'ai pas peur."

 

Il sourit, s'en va et s'en revient m'offre deux tranches de fromage, et 1 tranche de pain.

 

La vie c'est aussi ça. Il est 4 h30, nous sommes à Prague...

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Commentaires: 1
  • #1

    Malou (samedi, 08 juillet 2017 18:23)

    C'est toujours un aussi grand plaisir que de lire vos aventures �